J'AI ETE UNE FEMME BATTUE, MAINTENANT JE SUIS MORTE
Et j'ai prié pour qu'un jour cela s'arrête,
Il m'a fallut beaucoup de temps pour pouvoir en parler,
pour que je comprenne que ce n'était pas moi la coupable !!!
Le sol et moi violons la mort
Je suis par terre, il est debout
J'ai mal aux reins, je me dévore
Le bout des doigts, je suis à bout
Mais à genoux, c'est incertain
De respirer, je vais crever
Il y a un homme, un assassin
Il y a un homme que j'ai aimé
Dieu a créé les hommes et les loups.
Il est devenu loup, est-ce moi la coupable?
Ai-je mérité les coups qui brisent mon corps un peu plus chaque jour ?
J'ai appris à ne plus crier, à ne plus pleurer, à ne plus lutter.
Fermer les yeux et m'évanouir
Ouvrir mes yeux et contempler :
Ma vie est passée à mourir
Oh ! On est mieux les yeux fermés.
Je sais qu'il frappera encore plus fort.
Il déverse sa haine par des insultes, des hurlements, des crachats…
Je manque d'air mais je me tais,
je tais ma peur qui est devenue ma compagne,
je lèche mes plaies en silence.
Mon corps à lui, mon cœur a froid
Ecœurée vive et démolie
J’ai mal, j'ai plus que ça
Je suis écorchée dans ma vie
Couvert de lui, mon corps blessé
Stigmatisé, appelle à l'aide.
Comme une supplique, comme une prière, moi qui suis à genoux haletante,
hésitante, chancelante, les mains jointes par ces cordes qui m’enserrent,
je lui demande de me rendre cet amour, esclave de
ce sentiment qui m’enchaîne à lui, un amour qui a pris les couleurs de l’enfer.
Je suis à terre il tire. Ma raison est sans raison pour tendre encore vers lui
mes mains tremblantes dans l’espoir qu’il y dépose un baiser sur ces blessures,
triste illusion d’une étreinte infinie.
Encore en sang, toujours en pleurs
Je veux m'enfuir, quitter ma vie
Encore en vie, j'ai eu si peur
Je veux mourir mais pas par lui
Je veux, je veux être égoïste
Penser à moi et puis à quoi ?
Je veux, je veux je ne sais quoi
Statue de chair au regard froid, je rampe vers lui, demande à nouveau de me laisser me relever,
je courbe le dos, juste un souffle, pas un cri, je te demande encore une fois,
une dernière fois, de me laisser me mettre debout.
Elle s'appelait Sandrine LESDEMA 34 ans tuée le 25 janvier 2009 à Trinité(Martinique), il ne faut pas l'oublier
Si J'appuie cette cause,
Non à la violence .......femmes battues...! Par solidarité faites passer ce texte
m: edidine@hotmail.com
Sujet: Plus jamais ça !!!